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 La vision de Pierre Bourge et de Frank Herbet

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Nicolas
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Nombre de messages : 57
Date d'inscription : 14/02/2008

MessageSujet: La vision de Pierre Bourge et de Frank Herbet   Mar 17 Nov 2009 - 1:37

J'ai dégoté une interview de Frank Herbert (écrivain du "Cycle de Dune" et d'autres ouvrages Né en octobre 1920, décédé en 1986).

On y voit un discour qui rejoint souvent celui de Pierre Bourge.

J'ai trouvé ca intéressent j'ai tout de suite pensé eu Enfants Terribles du Cosmos.

Voila l'interview de FH (juste la partie 4 car elle fait plusieurs pages):


PLOWBOY : Comment définiriez-vous la "technopaysannerie" ?

HERBERT : Cela nécessite d'établir l'apport de la technologie, mais de façon très imaginative. Nous devons nous poser la question "quels éléments de technologie devrais-je utiliser et comment devrais-je les utiliser ?" Un paysan sait quand et pourquoi saisir une pelle ou une houe. De la même manière, nous devons réfléchir sérieusement à notre propre relation à l'environnement dans son ensemble, à nos valeurs et aux options technologiques ... et prendre des décisions consciemment.
Trop souvent aujourd'hui les gens n'examinent pas ou ne mettent pas en doute leurs suppositions de base. Laissez-moi vous donner un exemple. J'enseignais un cours, à l'Université de Washington, appelé Utopie/Dystopie. Il se présentait comme un examen de l'état actuel de notre pays et de nos mythes sur "vie meilleure"... seulement je n'arrivai pas à obtenir de mes étudiants qu'ils examinent vraiment leurs propres principes sur la technologie et leur style de vie.
J'ai alors eu l'idée de les emmener pour une excursion d'un week-end dans les montagnes Olympiques... au début du printemps quand je savais que le temps serait froid et pluvieux. Tout que j'ai dit à ma classe était "nous serons dehors dans les Olympiques pour deux nuits. Il va pleuvoir. Apportez votre matériel, votre nourriture, du papier et des crayons pour prendre des notes. Je vous retrouverai en haut du sentier."
A cette époque, j'adorais la nature sauvage. J'avais un bon sac de couchage et une tente individuelle excellente avec une moustiquaire et je portais un sac très léger avec mes provisions. Naturellement, mon matériel est ce qu'on peut appeler un produit de haute technologie.
Une fois que nous nous fumes tous retrouvés sur notre camp – un endroit appelé les Flats – j'ai installé ma tente, creusé une tranchée d'écoulement, entreposé un peu de bois de chauffage sous l'auvent pour le matin et aidé à organiser le repas du soir. Nous avons mangé et nous sommes partis nous coucher... et la pluie est arrivée. J'étais tout à fait sec et à l'aise dans ma tente, mais beaucoup de mes étudiants n'étaient pas si bien préparés : pendant la nuit, j'ai entendu des cris "mon sac de couchage est tout humide !" ou "mon Dieu, il fait froid !" Je me suis simplement retourné et je me suis rendormi.
Le matin suivant, je me suis levé tôt et j'ai fait un grand feu. Les étudiants tremblants se sont bientôt réunis autour, nous avons partagé quelque chose à manger puis je leur ai dit de prendre leurs blocs-notes. Alors j'ai dit, "bien, une bombe vient juste d'exploser et nous sommes les seuls survivants. Quelles anciennes technologies essayons-nous de reconstituer ?" Laissez-moi vous dire ... ce froid, des jeunes gens mouillés qui avait mangé un petit-déjeuner frugal regardait la technologie de la société d'un peu plus près qu'assis dans une salle de classe universitaire confortable. Les étudiants qui disaient des choses comme "oh sûr que je pourrais le faire sans tout ce truc" commencèrent à poser quelques questions de base et à comprendre que technologie n'est pas un bien ou un mal en soi... tout dépend de comment on l'utilise.

PLOWBOY : Donc, vous dites que la technopaysannerie implique un questionnement par les individus sur leurs besoins fondamentaux afin de prendre des décisions intelligentes sur la façon d'utiliser la technologie ?

HERBERT : Et bien, ce n'est pas tout à fait ça. Il y a d'autres aspects à la question comment utiliser la technologie. Par exemple, la plupart des personnes vivent aujourd'hui dans une société "d'interrupteur" où ils n'ont aucune connexion réelle avec les outils qu'ils utilisent. En cas de coupure de courant, ils doivent appeler le concierge pour qu'il vienne réparer. La connaissance est devenue institutionnalisée dans des spécialités et les individus ont de moins en moins de pouvoir sur leur vie.
Nous devons utiliser la technologie différemment pour que les gens puissent comprendre leurs outils ... et être remis ainsi en contact avec le monde naturel. En fait, une des choses dont notre société a désespérément besoin, c'est d'une voie dans laquelle les gens touchent la terre personnellement et accroître cette force fortifiante qui vient du travail de la terre (ndt : qui vient du sarclage et de la pelle), dans laquelle ils se salissent vraiment les mains. Nous avons besoin d'un système dans lequel les hommes et les femmes peuvent voir les résultats directs de leurs efforts.

PLOWBOY : Serait-il correct de dire que la technopaysannerie peut aider à développer l'estime de soi chez l'individu ?

HERBERT : Oui, mais il y a plus que cela, cependant. Nous devons apprendre à reconnaître que nous ferons toujours des erreurs, et – sachant cela – nous ne devrions pas lier nos carrières et le respect de nous-mêmes à des décisions qui pourraient plus tard s'avérer être les mauvaises. Les gens devraient être capables de se dire librement, "Hé, ça n'était pas une si bonne idée. Je ferais mieux de ne pas le refaire."

PLOWBOY : Plus vous décrivez ce concept, plus il englobe de choses ! Vous proposez que les gens apprennent à juger consciemment les outils qu'ils utilisent ... pour employer des technologies qu'ils contrôlent et non l'inverse... et évaluer et réévaluer toutes les ramifications de l'utilisation de chaque technologie spécifique. Franchement, penser que les gens pourraient un jour être capables d'agir selon en prenant des décisions bien considérées sonne comme un rêve idéaliste.
HERBERT : Bien, ça n'arrivera pas du jour au lendemain... à moins que nous n'ayons un phénomène naturel très traumatisant – comme un cataclysme naturel ou une guerre atomique énormément destructrice – qui exigerait que nous prenions une telle direction pour survivre.

PLOWBOY : Supposons que nous ne soyons pas dans cette situation extraordinaire, comment pensez-vous que ce changement ait lieu ?

HERBERT : Il s'agira d'une évolution sociale. Quand les individus commenceront à faire des choix technopaysan – comme convertir de vieux quartiers déshérités en serres – et montreront que cela peut-être personnellement honorant et assez efficace, de plus en plus de gens seront attirés pour faire de même.

PLOWBOY : Donc vous pensez que les individus qui arriveront à l'autosuffisance agiront comme un catalyseur vers ce mouvement que vous appelez technopaysannerie ?

HERBERT : On peut s'y attendre ! Oui, les individus ouvriront la marche vers la société technopaysanne, mais je n'ai jamais dit que les gens devaient lutter pour l'indépendance absolue. Je pense que chercher à s'affranchir d'une forte dépendance doit être notre but. Nous tous, bien sûr, devons nous méfier des systèmes – comme ceux qui ouvrent la voie à un état de bien-être/assistance – qui accroissent systématiquement notre dépendance, mais nous devons aussi nous rappeler une vérité de base : nous sommes interdépendants. Moi-même, je n'essaye pas de vivre dans une ferme complètement isolée. Je n'ai jamais... l'isolement ne fait pas partie de ma philosophie. C'est que nous ne devons pas nécessairement être dépendants des coutumes dans lesquelles nous vivons. Cependant, je crois vraiment que les liens d'une personne devraient être les plus forts avec sa communauté locale, et plus relachés envers de plus grandes communautés.
En fait, je suis persuadé que la vie du Nord-américain moyen améliorerait si notre société était plus basée sur la communauté... si, disons, des villes comme Seattle ou la petite Port Townsend développaient des relations symbiotiques avec les terres cultivées environnantes, de telle sorte que, par exemple, les effluents urbains pourraient comme engrais dans les terres avoisinantes. Une région si interconnectée serait capable d'établir un cycle autonome et ne pas gaspiller l'énergie pour transporter des engrais et de la nourriture sur de longues distances.

PLOWBOY : Voyez-vous l'augmentation de l'autonomie locale comme une part inévitable de notre avenir ?

HERBERT : Les zones locales auront certainement à devenir plus indépendantes. Regardez l'énergie, par exemple. Il y a un changement en cours quant aux carburants alternatifs et l'OPEP n'y peut rien. Je pense que la nouvelle source d'énergie la plus attractive à terme est l'hydrogène. L'hydrogène est un carburant propre – le sous-produit de sa combustion est l'eau – et à un rapport énergie/poids de six à un comparé au meilleur kérosène classique. De plus, nous avons déjà la technologie pour faire l'hydrogène, sous forme hydride, plus sûre à manipuler que l'essence.

PLOWBOY : Où trouver l'énergie pour produire du carburant hydrogéné ?

HERBERT : Nous avons le vent, les marées, le différentiel de température dans l'océan... il y a une énorme quantité d'énergie inexploitée. Et le plus important dans le fait d'avoir de telles ressources d'énergie diversifiées, c'est que les communautés seront capables de faire leur propre carburant.
Bien sûr, tout changement qui rend de petites zones plus indépendantes aura autant de bons côtés que de mauvais. Après tout, il y a quelque chose qui fait que nous visons unis dans une société.

PLOWBOY : Attendez une minute ... vous avez passé une bonne partie de cet entretien à condamner le grand gouvernement et à appeler à l'indépendance. Quelle valeur voyez-vous donc dans les sociétés grandes, centralisées ?

HERBERT : Rappelez-vous que nous sommes interdépendants. Ainsi si vous changez la situation qui a engendré la base de l'interdépendance sociale, vous devez instituer des forces adhésives alternatives pour assurer notre union. Regardez-le ainsi : il est tout à fait possible que, dans les 15 ans à venir, une petite communauté comme Port Townsend puisse être en mesure de menacer le gouvernement fédéral.

PLOWBOY : Comment un petit groupe pourrait-il représenter une telle menace ... avec des armes atomiques ?

HERBERT : Bah ! Il y a des armes beaucoup plus dangereux que les armes nucléaires... comme les maladies contagieuses qui ne peuvent pas être guéries, ou les substances qui peuvent être glissées dans l'alimentation – ou les chaînes d'approvisionnement en eau – afin de stériliser de grandes populations.
Et le concept souvent loué de gouvernement mondial ne pourrait nullement combattre un tel terrorisme, car ce rêve particulier souffre de ce qui doit être l'une des lois immobiles de l'univers... la vérité, c'est que plus vous essayez de contrôler, plus il y a besoin d'être contrôlé.

PLOWBOY : Comment l'humanité peut-elle traiter les menaces posées par des groupes petits mais puissants ?

HERBERT : Nous devons porter le plus grand soin à la façon dont nous insufflons la moralité à notre jeunesse... et comment nous aidons les gens à croire que les êtres humains sont des créatures semblables et que le monde sera meilleur si chacun essaye vraiment de vivre selon une Règle d'or. Et nous découvrirons probablement – sûrement après maintes épreuves – que la seule façon de répandre de telles valeurs est, naturellement, basée sur la communauté et individu.
En fin de compte, je pense que l'individu deviendra de plus en plus important dans ce monde... je pense que la société collective est sur les rails. Mais, de toutes mes déclarations, vous devez vous rappeler que je parle d'un individu qui pèse les conséquences de ses actions, non seulement pour lui/elle-même, mais pour aussi pour les autres. Si nous ne réussissons pas à produire de tels citoyens moraux, nous allons probablement droit dans le mur.

PLOWBOY : Mais estimez-vous vraiment que l'humanité sera capable de faire les changements nécessaires ?

HERBERT : Je pense qu'ils nous seront imposés. Oh, nous ferons quelques erreurs. Nous aurons probablement un certain nombre de leaders fanatiques à combattre dans les années à venir. Je ne vois pas l'avenir en rose, en tout cas. Apprendre de ses erreurs est un processus très lent. Cela pourra prendre 20 ou 25,000 ans pour arriver là où, je pense, nous devons aller.

PLOWBOY : Mais vous pensez que l'humanité survivra... et s'améliorera dans le processus.

HERBERT : Oui, et je pense aussi que, dans l'avenir lointain, les gens se seront dispersés –dans des sociétés séparées – dans de nombreuses planètes lointaines. N'oubliez pas, cependant quand vous m'entendez dire ces choses, que la prédiction est une forme de mythologie fausse.
D'ailleurs, même l'idée qu'une telle chose se produise à l'avenir est une sorte de non-sens sémantique ... parce qu'il y aura toujours des changements et de nouveaux événements que personne ne peut prévoir.

PLOWBOY : Je dois donc je devrais prendre toutes vos hypothèses sur l'avenir de l'humanité avec des pincettes ?

HERBERT : Bien sûr.

PLOWBOY : Vous savez, M. Herbert, il apparait que vous m'avez fait une prédiction puis dit de ne pas y croire... parce que, au cours de cet entretien, il a été presque impossible de vous obliger à présenter des idées "soigneusement empaquetées". En fait, votre concept de technopaysannerie semble, dans l'essence, appeler les gens à adopter un état d'esprit d'interrogation qui évite délibérément les solutions d'ensemble. Je peux imaginer que beaucoup d'hommes et femmes qui lisent vos livres ou entendent vos idées préférerait voir un plan clair et peu compliqué auquel ils pourraient répondre.

HERBERT : Très probablement, Monsieur Stone ... mais je ne crois pas aux réponses simples.
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